Le chemin et l'objectif
- Adeline Morin
- 14 avr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 avr.
Il y a quelque temps maintenant, alors que mon premier livre n’était pas encore sorti, j’ai eue avec mon fils de 15 ans.
Je lui disais à quel point j’étais contente, fière de moi, de tout ce que j’avais accompli jusque-là. Que chaque étape franchie dans la publication du livre me mettait en joie. Terminer la couverture, rédiger le dossier de presse, préparer la communication… Je célébrais chaque étape.
Mais lui ne voyait pas les choses ainsi, et il avait du mal à partager mon enthousiasme. Pour lui, le véritable indicateur de ma réussite serait le succès que le livre rencontrerait. Indépendamment de tout le travail fourni, l’objectif ne serait atteint que lorsque le livre serait publié et qu’il trouverait son public. Et là, alors, je pourrais véritablement me réjouir.
Sur le moment, je ne comprenais pas sa vision des choses. Et puis, au fur et à mesure, en échangeant avec lui, j’ai réalisé quelque chose : il ne voyait que ce que je lui montrais. Les belles avancées, les étapes intermédiaires, les moments agréables. Il ne voyait pas les mois de travail, les doutes, l’attente… tout ce que je ne partageais pas forcément. De son point de vue, cela semblait presque « facile ». Et par certains côtés, ça l’était.
Sans toutes les pièces du puzzle, il ne pouvait pas ressentir ce que moi je ressentais. C’est en confrontant nos regards que nous nous sommes compris. Les autres ne peuvent pas deviner tout ce qui se passe dans nos têtes et dans nos vies si on ne leur dit pas. Ils n’ont accès qu’à des fragments de ce que l’on choisit de partager, et de ce qu'ils voient.
Et entre ce que l’on vit, ce que l’on ressent, ce que l’on montre ou dit aux autres, et ce qu’ils perçoivent, il y a parfois un monde.
Au-delà de tout ça - même si c’était déjà très intéressant de comprendre tout ceci - sa réflexion sur le succès m’a quand même fait m’interroger. Car même s’il est important pour moi de savourer chaque pas, il a raison sur un point : ne pas oublier la destination. On dit souvent que seul le chemin compte, mais en réalité, les deux sont tout aussi importants.
Dites-moi ce que ces réflexions suscitent chez vous. Êtes-vous du genre à célébrer le chemin ? À savourer uniquement la victoire finale ? Ou à savourer les deux ?
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